La princesse Hélène garda en se levant cet inaltérable sourire qu’elle avait sur les lèvres depuis son entrée et qui était son apanage de beauté sans rivale. Frôlant à peine, de sa toilette blanche garnie de lierre et d’herbages, les hommes, qui se reculaient pour la laisser passer, elle avança toute scintillante du feu des pierreries, du lustre de ses cheveux, de l’éblouissante blancheur de ses épaules, symbole vivant de l’éclat d’une fête. Elle ne regardait personne ; mais, souriant à tous, elle accordait pour ainsi dire à chacun le droit d’admirer la beauté de sa taille, ses épaules si rondes, que son corsage échancré à la mode du jour laissait à découvert, ainsi qu’une partie de la gorge et du dos. Hélène était si merveilleusement belle qu’elle ne pouvait avoir l’ombre de coquetterie ; elle se sentait en entrant comme gênée d’une beauté si parfaite et si triomphante, et elle aurait désiré en affaiblir l’impression, qu’elle n’aurait pu y réussir.